On "naît noir de peau", mais on devient un Noir dans le regard d’autrui.
Judith Butler, en montrant que « le pouvoir des mots nous échappe : les mots ont un passé et un avenir qui défient tout effort pour les saisir, les figer irrémédiablement » (Butler, Judith. 2004. Le pouvoir des mots. Politique du performatif. Page 9.), me permet de suggérer un volet limitatif de la reprise-citation sensée contrer le discours violent. Son analyse du « discours de haine » ou « hate speech », va être déplacée, dans une analyse critique du discours scientifique postcolonial français, au travers de l’analyse d’un terme préalablement « discours violent ». En effet, le terme Noir, loin d’être trivial est un terme politiquement puissant, pour les personnes perçues publiquement comme Noires en France. Il peut être d’un apport inestimable, dans la lutte pour recouvrer de manière effective la légitimité de son identité propre. C’est pourquoi, ses formes de reprises actuelles ne doivent pas être sous-évaluées ou minimisées.
Les Négritudes de Léopold Sédar Senghor et d’Aimé Césaire développées au vingtième siècle, si elles semblent utiles par rapport à leur sens politiques, rendent le terme « Nègre » différent du terme « Noir », lorsque l’on désire le reprendre en tant que personne perçue publiquement comme Nègre en France. Parce que les Négritudes sont une œuvre d’investissement plénière d’un terme au départ insultant envers une identité et une culture dites nègres, pour un Noir, le terme Nègre est politiquement différent du terme Noir utilisé dans certains discours érudits français. Employé de nos jours en France dans des textes dits postcoloniaux, le terme Noir est consacré par des auteurs qui ne se définissent pas forcément comme Noirs. Ce qui me permet de signifier pourquoi il est difficile de le reprendre trivialement à son compte, en tant que personne perçue publiquement comme Noir. Assurément, comment se désigner soit-même comme Noir quand des discours d’érudits postcoloniaux non Noirs ont agencé les contours et le sens du terme ? Surtout si le message que comporte les textes perçus comme postcoloniaux, n’est pas en adéquation avec la manière de se percevoir soit-même comme Noir ? L’exercice le plus évident consiste à expliquer de suite ce que l’on entend par le terme Noir, aux personnes avec qui l’on s’entretient. Ceci afin de recouvrer l’identité que l’on aurait choisie d’investir à travers le terme. Pourtant, en dehors du côté laborieux, il n’est pas toujours possible de s’expliquer à toutes les personnes à qui l’on s’adresse. Alors, pourquoi les reprises actuelles en France du terme Noir, doivent-il être analysées scrupuleusement ?
L’instruction de l’historienne Jeanne-Marie Kambou dans « Mémoire entre deux rives », un film de Frédéric Savoye et Wollimité Sié Palenfo, sur le maintient des coutumes Lobis est intéressant à ce titre. Il montre que de nos jours, un « Africain » ne se perçoit pas seulement comme un « Africain », mais qu’il peut aussi se percevoir de manière ethnique.
dimanche 10 août 2008
vendredi 8 août 2008
L'excision de Katoucha : un cas isolé, lointain ou d'actualité ?

Katoucha Niane. "Dans ma chair".
La mutilation génitale des femmes noires africaines est une atteinte aux droits de l'enfant. Elle porte préjudice à leur bien être et fait subir aux filles une violence physique et psychologique indélébile. Katoucha a témoigné de sur son excision à travers son autobiographie publié en 2007 aux éditions Michel Lafon : "Dans ma chair". Combien de femmes sont excisée en moyenne en France : 30 000. En 2005, l'UNICEF estimait que 2 millions de filles dans le monde étaient susceptible d'être excisées. La lutte reste plus que jamais importante.
Katoucha Niane, née le 30 Décembre 1960 à Conakry (en Guinée), est la fille de l’historien, anthropologue et écrivain Djibril Tamsir Niane et d’Aïssatou Diallo une femme africaine instruite aussi. Surnommée « La princesse Peuhle », elle est la première femme noire dite d’origine africaine de l’agence de mode parisienne Glamour. C’est à la suite d’un défilé de mode organisé par Thierry Mugler en 1980, que Kadidiatou Niane dit Katoucha devient dans les années quatre-vingt, une des premières top models noires, égérie d’Yves Saint Laurent, Paco Rabane, Christian Lacroix, et du tunisien Azzedine Alaïa parmi d’autres couturiers. Mais, Katoucha n’est pas qu’une mannequin venue d’Afrique en Occident. Katoucha Niane évoque aussi une fillette africaine appelée Kadidiatou, excisée à l’âge de neuf ans en Guinée. Mannequin noire reconnue, mais aussi femme noire africaine excisée, elle est parvenue à « transformer son silence en une parole, un verbe, un discours accompagnés d’une action » (« The Transformation of Silence Into Language and Action. » Audre Lorde. 2007. Sister Outsider. Berkley, Toronto : Crossing Press. Page 40-44) contre la mutilation génitale des femmes noires en Afrique et en Occident .
Liens d'article sur la mutilation génitale : http://diasporasnoires.tmp31.haisoft.net/spip.php?article62
dimanche 20 juillet 2008
Michelle Obama : Michelle Obama est Michelle LaVaughn Robinson

Michelle Obama (née LaVaughn Robinson) est une Afro-Américaine née le 17 Janvier 1964 dans le Sud de Chicago. Elle est issu d’un milieu afro-américain défavorisé (qualifié parfois de modeste), d’où elle mènera un parcours exemplaire d’étude et de formation professionnel, qui la feront gravir les échelons sociaux de la vie aux Etats-Unis. Avocate de formation, elle est connu aux Etats-Unis pour être capable de parler pendant des heures sans notes. C’est à la faculté de droit de Harvard qu’elle mène sa formation universitaire, avant de d’occuper un poste au sein du cabinet d’avocat de Sidley Austin. Elle fera aussi partie de l’équipe du maire de Chicago, Richard Michael Daley, dont elle saura s’entourer. En effet, du côté de la communauté noire américaine, on peut citer Oprah Winfrey, la présentatrice télé, qui a apporté son soutient à Barak Obama lors des primaires américaines. Elle a également fait ses études à Princeton, et réalisé une thèse sociologique en 1985 intitulée « Princeton-Educated Blacks and Black Community ». Elle a rendu cette thèse rédigée en anglais accessible au public en 2008 sur le site Politico. [1] .
L’introduction de sa thèse permet de saisir un des volets de sa personnalité de combattante, qui arrive à parler aux Américains de situations qu’ils vivent ou rencontrent : « J’ai découvert qu’à Princeton, quelque soit l’orientation progressiste ou l’ouverture d’esprit que certains de mes professeurs et collègues de classe blancs essayaient d’entretenir à mon égard, je me sentais parfois, telle une visiteuse sur le campus, comme si je n’en faisais pas vraiment parti. En dehors des circonstances à travers lesquelles j’interagissais avec des blancs à Princeton, il m’a toujours semblé, que pour eux, je serai toujours Noire d’abord et étudiante ensuite. »
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1. Politico. « Michelle Obama Thesis Was On Racial Divide. » - Http ://www.politico.com/news/stories/0208/8642.html. Une thèse que je conseille vivement de lire, à toutes les femmes noires qui désirent s’engager dans des structures de recherches dominées par des Blancs, majoritairement et institutionnellement en Occident.
Lire l'article Michelle Obama, est Michelle LaVaughn Robinson sur http://diasporasnoires.tmp31.haisoft.net/spip.php?article61
vendredi 6 juin 2008
Pénombre effrayante : la peur du noir !
Lorsque j’étais enfant, j’avais très peur du noir.
Je me revois réveillant mon grand frère ou ma grande sœur,
Pour qu’ils m’accompagnent aux toilettes,
Parce qu’un génie caché dans le noir m’effrayait.
J’étais convaincu qu’il était dans le noir à m’attendre,
Et qu’il était prêt à me sauter dessus à la première occasion.
Et un jour, je me suis réveillé avec une envie urgente d’uriner.
Les toilettes me paraissaient très éloignées de ma chambre.
J’ai essayé de réveiller mon frère ou ma sœur,
Mais ils dormaient profondément.
Je ne pouvais plus me retenir,
Mais rien n’était plus terrible pour moi, que de me pisser dessus
Quelqu’en soit la raison, même si j’étais petite.
C’est alors que j’allais retenir une leçon pour la vie.
Rassemblant le dernier brin de courage que j’avais,
Malgré la peur, j’ai pris une grande respiration,
Et je me suis engagé dans le couloir d’un pas rapide.
Les toilettes semblaient vraiment lointaines,
Mais me voilà très vite devant la porte d’entrée des toilettes.
La « marche » vers la porte a été effrayante.
Mais c’est l’instant d’ouverture qui me fût le plus difficile.
Parce qu’il était là-bas, derrière la porte.
Il m’attendait, surveillait l’instant où j’entrerai,
Et moi j’avais très peur.
J’étais très effrayé, j’avais peur de lui que je n’avais jamais vue.
Tout mon corps tremblait.
Mais j’étais aussi sur le point de me pisser dessus.
Si je n’avais pas eu aussi honte de me pisser dessus,
J’aurais choisie de faire demi-tour,
Et je serai repartie aussi vite que j’étais venue.
C’est alors, que je me suis décidée,
Et j’ai ouvert précipitamment la porte.
Je me suis enfoncée directement vers les toilettes,
Je me suis assise très vite,
Puis j’ai uriné.
Je me suis sentie bien !
Quel soulagement ! J’ai réussi.
Je venais enfin de pisser dans les toilettes.
Je l’avais fait. J’y suis arrivée.
Il n’était pas derrière la porte, il ne m’attendait pas.
Ou bien il a disparu parce que je lui ai fait peur
Il savait que je n’abandonnerai pas,
Si nous étions obligés de nous battre.
Je l’ai vaincu. Et je l’ai fait toute seule.
Dorénavant, je n’aurais plus jamais peur de lui.
C’est alors que j’ai remarqué une chose importante :
J’étais allée aux toilettes dans le noir.
Pourtant, c’est le noir qui m’effrayait.
J’ai traversé tout le couloir dans le noir, sans allumer une seule lumière.
Pourtant, il y’avait des interrupteurs sur les mûrs du couloir qui menait aux toilettes
A trois endroits différents.
Je ne pouvais donc pas les manquer.
L’ai-je fait exprès, ou inconsciemment ?
Je ne saurai vous le dire.
Mais, depuis ce jour, j’ai compris que le noir me ferait toujours peur,
Si je ne l’avais pas vaincu.
J’aurais toujours eu peur du noir, si mon frère ou ma sœur m’avait accompagnée.
C’est pourquoi,
Depuis cette nuit,
Je me bats toujours contre les pénombres
Et toutes les obscurités dans ma vie.
Parce que j’ai compris qu’elles ne m’affaiblissent pas,
Si elles me rendent plus forte.
Si je leur fait face et si je les soumets.
Après cette nuit,
Et même aujourd’hui encore,
Je vais toujours toute seule aux toilettes,
Dans le noir.
Ne baisse donc jamais les bras, avant d’y avoir mis toutes tes forces.
Je me revois réveillant mon grand frère ou ma grande sœur,
Pour qu’ils m’accompagnent aux toilettes,
Parce qu’un génie caché dans le noir m’effrayait.
J’étais convaincu qu’il était dans le noir à m’attendre,
Et qu’il était prêt à me sauter dessus à la première occasion.
Et un jour, je me suis réveillé avec une envie urgente d’uriner.
Les toilettes me paraissaient très éloignées de ma chambre.
J’ai essayé de réveiller mon frère ou ma sœur,
Mais ils dormaient profondément.
Je ne pouvais plus me retenir,
Mais rien n’était plus terrible pour moi, que de me pisser dessus
Quelqu’en soit la raison, même si j’étais petite.
C’est alors que j’allais retenir une leçon pour la vie.
Rassemblant le dernier brin de courage que j’avais,
Malgré la peur, j’ai pris une grande respiration,
Et je me suis engagé dans le couloir d’un pas rapide.
Les toilettes semblaient vraiment lointaines,
Mais me voilà très vite devant la porte d’entrée des toilettes.
La « marche » vers la porte a été effrayante.
Mais c’est l’instant d’ouverture qui me fût le plus difficile.
Parce qu’il était là-bas, derrière la porte.
Il m’attendait, surveillait l’instant où j’entrerai,
Et moi j’avais très peur.
J’étais très effrayé, j’avais peur de lui que je n’avais jamais vue.
Tout mon corps tremblait.
Mais j’étais aussi sur le point de me pisser dessus.
Si je n’avais pas eu aussi honte de me pisser dessus,
J’aurais choisie de faire demi-tour,
Et je serai repartie aussi vite que j’étais venue.
C’est alors, que je me suis décidée,
Et j’ai ouvert précipitamment la porte.
Je me suis enfoncée directement vers les toilettes,
Je me suis assise très vite,
Puis j’ai uriné.
Je me suis sentie bien !
Quel soulagement ! J’ai réussi.
Je venais enfin de pisser dans les toilettes.
Je l’avais fait. J’y suis arrivée.
Il n’était pas derrière la porte, il ne m’attendait pas.
Ou bien il a disparu parce que je lui ai fait peur
Il savait que je n’abandonnerai pas,
Si nous étions obligés de nous battre.
Je l’ai vaincu. Et je l’ai fait toute seule.
Dorénavant, je n’aurais plus jamais peur de lui.
C’est alors que j’ai remarqué une chose importante :
J’étais allée aux toilettes dans le noir.
Pourtant, c’est le noir qui m’effrayait.
J’ai traversé tout le couloir dans le noir, sans allumer une seule lumière.
Pourtant, il y’avait des interrupteurs sur les mûrs du couloir qui menait aux toilettes
A trois endroits différents.
Je ne pouvais donc pas les manquer.
L’ai-je fait exprès, ou inconsciemment ?
Je ne saurai vous le dire.
Mais, depuis ce jour, j’ai compris que le noir me ferait toujours peur,
Si je ne l’avais pas vaincu.
J’aurais toujours eu peur du noir, si mon frère ou ma sœur m’avait accompagnée.
C’est pourquoi,
Depuis cette nuit,
Je me bats toujours contre les pénombres
Et toutes les obscurités dans ma vie.
Parce que j’ai compris qu’elles ne m’affaiblissent pas,
Si elles me rendent plus forte.
Si je leur fait face et si je les soumets.
Après cette nuit,
Et même aujourd’hui encore,
Je vais toujours toute seule aux toilettes,
Dans le noir.
Ne baisse donc jamais les bras, avant d’y avoir mis toutes tes forces.
dimanche 18 mai 2008
Auteurs surplombant
Le terme Noir, dans le domaine postcolonial français semble à vrai dire, repris par analogie au terme « Black » états-uniens. Mais, il ne revêt pas la même forme, du fait de l’histoire particulière de la France, et des contextes politiques et historiques dissemblables. En vérité, les différentes luttes des années soixante pour recouvrer les droits civiques noirs aux Etats-Unis, distinctes de celles menées en France, structurent différemment le domaine postcolonial français. Car, la reprise du terme « Black » par les Africains Américains, est consolidée par leurs luttes sociales des années soixante et la création de départements universitaires. Départements qui sont nommés Black Studies, avant de devenir parfois « African American Studies » à cause des controverses sur le politiquement correct. Les départements Black Studies permettent ainsi aux Africains Américains après les années soixante, non seulement de recouvrer la légitimité d’étudier les conditions de vie des personnes dites de « descendance Africaine », mais surtout de se réclamer « Black », en même temps qu’ils donnent un nouveau contour au terme, en rapport avec leur filiation africaine. Il ne s’agissait plus alors, de critiquer seulement les savoirs et sources occidentaux, mais de poser aussi son propre discours scientifique, et reconquérir l’autorité sur sa propre identité. Ces données subvertissent le sens du mot Black, utilisé jusque-là par les érudits blancs aux Etats-Unis. Puisqu’au niveau « citation », le terme Black est repris, certes à l’instant « T » où se fait sentir la violence du terme, du fait de sa spécificité racialisante et infériorisante, mais aussi, de façon omniprésente le terme investit un sens « choisi » par les Africains Américains eux-mêmes. Ce sens choisi, dont le contour à été redéfini par des Africains Américains qui se sont posés légitimement dans le cercle érudit de l’étude des identités noires, repris par un Africain Américain quelconque non érudit, permet à tout Africain-Américain d’interpeller (en même temps que le terme est repris) sur le sens insultant que le terme « Black » peut englober à l’emploi par un Blanc quel qu’il soit, du fait de lectures situées favorisées par l’esclavage.
Un Noir ne se perçoit pas seulement comme « Africain » ou « Noir », il peut aussi se percevoir ethniquement. Cette perception ethnique peut être d’autant plus forte, s’il a conservé ses liens et est resté en phase avec son ethnie locale dans un pays d’Afrique. (L’instruction de l’historienne Jeanne-Marie Kambou dans « Mémoire entre deux rives », un film Frédéric Savoye et Wollimité Sié Palenfo, sur le maintient des coutumes Lobis est intéressant à ce titre). Il montre que de nos jours, un « Africain » ne se perçoit pas seulement comme un « Africain », mais qu’il peut aussi se percevoir de manière ethnique. Les moyens de transports et de communication permettent en vérité d’effectuer des retours fréquents, voire périodiques, à ceux qui le peuvent et désirent maintenir des liens avec leur communauté ethnique en Afrique. Ceci pour dire, que la perception ethnique ne disparaît pas forcément, parce qu’une distance s’est installée entre un individu et sa communauté ethnique. C’est à cause de la perception ethnique, que le terme globalisant de Noir est un terme à évaluer dans tout ce qu’il peut comporter d’avantageux. Le terme Noir n’est pas un terme banal qui sert seulement à stigmatiser ou inférioriser et englober. Il peut aussi servir à lutter et à libérer des idées reçues autour du concept Noir, la personne qui est perçue publiquement comme Noir. Le concept peut effectivement être utile à contenir les préjugés que le terme Noir comporte. En effet, utiliser le terme Noir dans un discours scientifique par un érudit blanc majoritaire en France, est une démarche délicate et obtuse, quand peu de minorités noires ont la possibilité effective de s’en entretenir. La démarche est souvent figeante, lorsque les personnes perçues publiquement comme noirs, n’ont pas recouvré une légitimité pédagogique et institutionnelle à étudier et discourir sur une certaine Identité dite « noire » 1. Le terme Identité est en majuscule pour signifier qu’elle peut être multiple et ne se cantonne pas à un seul élément ou une seule donnée, en dehors du fait que « l’identité est contextuelle et fluctuante. Elle n’est pas figée, mais en plus elle peut être multiple. Car en France, les études sur l’identité noire ne sont pas encore menées par les Noirs, de manière significativement équivalente institutionnellement à celle d’érudits occidentaux blancs légitimités.
NB : Le terme Identité est en majuscule pour signifier qu’elle peut être multiple et ne se cantonne pas à un seul élément ou une seule donnée, en dehors du fait que « l’identité est contextuelle et fluctuante. (Warnier Jean-Pierre. 2004. La mondialisation de la culture. Paris : La Découverte. Page9
Un Noir ne se perçoit pas seulement comme « Africain » ou « Noir », il peut aussi se percevoir ethniquement. Cette perception ethnique peut être d’autant plus forte, s’il a conservé ses liens et est resté en phase avec son ethnie locale dans un pays d’Afrique. (L’instruction de l’historienne Jeanne-Marie Kambou dans « Mémoire entre deux rives », un film Frédéric Savoye et Wollimité Sié Palenfo, sur le maintient des coutumes Lobis est intéressant à ce titre). Il montre que de nos jours, un « Africain » ne se perçoit pas seulement comme un « Africain », mais qu’il peut aussi se percevoir de manière ethnique. Les moyens de transports et de communication permettent en vérité d’effectuer des retours fréquents, voire périodiques, à ceux qui le peuvent et désirent maintenir des liens avec leur communauté ethnique en Afrique. Ceci pour dire, que la perception ethnique ne disparaît pas forcément, parce qu’une distance s’est installée entre un individu et sa communauté ethnique. C’est à cause de la perception ethnique, que le terme globalisant de Noir est un terme à évaluer dans tout ce qu’il peut comporter d’avantageux. Le terme Noir n’est pas un terme banal qui sert seulement à stigmatiser ou inférioriser et englober. Il peut aussi servir à lutter et à libérer des idées reçues autour du concept Noir, la personne qui est perçue publiquement comme Noir. Le concept peut effectivement être utile à contenir les préjugés que le terme Noir comporte. En effet, utiliser le terme Noir dans un discours scientifique par un érudit blanc majoritaire en France, est une démarche délicate et obtuse, quand peu de minorités noires ont la possibilité effective de s’en entretenir. La démarche est souvent figeante, lorsque les personnes perçues publiquement comme noirs, n’ont pas recouvré une légitimité pédagogique et institutionnelle à étudier et discourir sur une certaine Identité dite « noire » 1. Le terme Identité est en majuscule pour signifier qu’elle peut être multiple et ne se cantonne pas à un seul élément ou une seule donnée, en dehors du fait que « l’identité est contextuelle et fluctuante. Elle n’est pas figée, mais en plus elle peut être multiple. Car en France, les études sur l’identité noire ne sont pas encore menées par les Noirs, de manière significativement équivalente institutionnellement à celle d’érudits occidentaux blancs légitimités.
NB : Le terme Identité est en majuscule pour signifier qu’elle peut être multiple et ne se cantonne pas à un seul élément ou une seule donnée, en dehors du fait que « l’identité est contextuelle et fluctuante. (Warnier Jean-Pierre. 2004. La mondialisation de la culture. Paris : La Découverte. Page9
mercredi 23 avril 2008
Mort d'Aimé Césaire : Jeudi 17 Avril 2008

C'est souvent à la mort des grands auteurs Noirs que la classe politique trouve le moyen de décrire combien leurs luttes étaient courageuses et nécessaires. De son vivant, Aimé Césaire a dû assister au fait que de nos jours, "le rôle positif de la colonisation" est plus pensable dans le "conscient" français comme source de connaissance à inlcure dans les programmes d'éducation, plutôt que les ouvrages d'auteurs noirs. A mon avis, Aimé Césaire devrait rester à la Martinique où il a vécu ses derniers jours, plutôt que d'être ramené au Panthéon à travers une mascarade qui ne flatte personne. Car, la meilleure façon pour la France de l'honorer, c'est de prendre en compte les valeurs qu'il a toujours défendues, et bien comprendre le "Discours su le colonialisme" qu'il a offert au président de la république Sarkozy. En effet, les discours sur le test ADN pour les candidats au regroupement familial, les récents objectifs de "l'immigration choisie" ainsi que le discours de Dakar ne sont pas respectueuses des luttes menées par les auteurs de la Négritude quels qu'ils soient. C'est pourquoi j'interpelle à observer de près ce que chacune des personnalités présentes à aux obsèques d'Aimé Césaire feront après les cérémonies télévisées, quand les caméras seront parties. Car la question n'est pas de savoir si l'on est de gauche ou pas, mais plutôt de savoir ce que l'on fait de son combat en faveur de l'homme Noir. Lorsque l'on apprend un décès, le plus important n'est pas de s'empresser à écrire des textes et tenir des discours qui vont passer dans les médias : il y'a un temps pour le deuil et un temps pour profiter du mort.
Les Noirs peuvent lui rendre l'hommage qu'il mérite, au vu des discours sur l'"immigraiton", bref sur les "Noirs" en métropole en général. Soixante dix ans après Cahier d'un retour au pays natal et cinquante huit ans après le Diccours sur le Colonialisme, si la majorité de la classe politique et la totalité de ces personalités qui se sont déplacées à ses obsèques avaient réellement compris et reconnu la valeur de sa lutte comme on tend a vouloir le faire croire, certaines questions identitaires ne se poseraient plus de nos jours en France. Félicitations au Ministère de l'Identité Nationale" ! Longues Vie à toi Césaire, car les Grands Hommes ne meurent jamais !
Les Noirs peuvent lui rendre l'hommage qu'il mérite, au vu des discours sur l'"immigraiton", bref sur les "Noirs" en métropole en général. Soixante dix ans après Cahier d'un retour au pays natal et cinquante huit ans après le Diccours sur le Colonialisme, si la majorité de la classe politique et la totalité de ces personalités qui se sont déplacées à ses obsèques avaient réellement compris et reconnu la valeur de sa lutte comme on tend a vouloir le faire croire, certaines questions identitaires ne se poseraient plus de nos jours en France. Félicitations au Ministère de l'Identité Nationale" ! Longues Vie à toi Césaire, car les Grands Hommes ne meurent jamais !
Je conseille l'article Des Black Studies aux White Studies sur : http://diasporasnoires.tmp31.haisoft.net/spip.php?article58
samedi 12 avril 2008
Afrique 50
En 1950, René Vautier réalise son premier film, Afrique 50, qui à la base, était une simple commande de la Ligue de l'enseignement destinée à mettre en valeur la mission éducative de la France dans ses colonies. Sur place, il décide de témoigner d'une réalité autre que celle prévu au départ et le film sera interdit pendant plus de quarante ans... Ce sera le premier film anticolonialiste français, chef-d’œuvre du cinéma engagé, qui lui vaudra 13 inculpations et une condamnation de prison...
Afrique 50
Vidéo disponible sur youtube
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