dimanche 10 août 2008

Un caractère politique au terme Noir : performatif autoritaire ?

On naît noir de peau, mais on devient un Noir dans le regard d’autrui.

Judith Butler, en montrant que « le pouvoir des mots nous échappe : les mots ont un passé et un avenir qui défient tout effort pour les saisir, les figer irrémédiablement » (Butler, Judith. 2004. Le pouvoir des mots. Politique du performatif. Page 9.), me permet de suggérer un volet limitatif de la reprise-citation sensée contrer le discours violent. Son analyse du « discours de haine » ou « hate speech », va être déplacée, dans une analyse critique du discours scientifique postcolonial français, au travers de l’analyse d’un terme préalablement « discours violent ». En effet, le terme Noir, loin d’être trivial est un terme politiquement puissant, pour les personnes perçues publiquement comme Noires en France. Il peut être d’un apport inestimable, dans la lutte pour recouvrer de manière effective la légitimité de son identité propre. C’est pourquoi, ses formes de reprises actuelles ne doivent pas être sous-évaluées ou minimisées.

La Négritude de Léopold Sédar Senghor et d’Aimé Césaire, développées au vingtième siècle, si elles semblent utiles, par rapport à leur sens politiques, quand on désire les reprendre, en tant que personne perçue publiquement comme Nègre en France, n’est pas identique au terme Noir. Parce que les Négritudes sont une œuvre d’investissement plénière d’un terme au départ insultant envers une identité et une culture dite « nègre » ou « noire », le terme Nègre pour un Noir, est politiquement différente du terme Noir utilisé contemporainement dans certains discours érudits français. A travers les textes dits postcoloniaux qui prolifèrent de nos jours en France, le terme Noir employé actuellement par des auteurs qui ne se définissent pas forcément comme Noirs, permet de signifier pourquoi il est difficile, de le reprendre trivialement en France à son compte, en tant que personne perçue publiquement comme Noir. Assurément, comment se désigner soit-même comme Noir, quand des discours d’érudits postcoloniaux non Noirs ont agencé les contours du terme ? Surtout, si le message que porte leurs textes perçus comme postcoloniaux, n’est pas en adéquation avec la manière de se percevoir soit-même comme Noir ? L’exercice le plus évident, consiste à expliquer de suite, aux personnes avec qui l’on s’entretient, ce que l’on entend par le terme Noir, afin de recouvrer l’identité que l’on aurait choisie d’investir à travers le terme. Pourtant, en dehors du côté laborieux, il n’est pas toujours possible de s’expliquer à toutes personnes à qui l’on se présente. Alors, pourquoi les reprises actuelles en France du terme Noir, doivent-il être analysées scrupuleusement ?

vendredi 8 août 2008

L'excision de Katoucha : un cas isolé, lointain ou d'actualité ?


Katoucha Niane. "Dans ma chair".
La mutilation génitale des femmes noires africaines est une atteinte aux droits de l'enfant. Elle porte préjudice à leur bien être et fait subir aux filles une violence physique et psychologique indélébile. Katoucha a témoigné de sur son excision à travers son autobiographie publié en 2007 aux éditions Michel Lafon : "Dans ma chair". Combien de femmes sont excisée en moyenne en France : 30 000. En 2005, l'UNICEF estimait que 2 millions de filles dans le monde étaient susceptible d'être excisées. La lutte reste plus que jamais importante.

Katoucha Niane, née le 30 Décembre 1960 à Conakry (en Guinée), est la fille de l’historien, anthropologue et écrivain Djibril Tamsir Niane et d’Aïssatou Diallo une femme africaine instruite aussi. Surnommée « La princesse Peuhle », elle est la première femme noire dite d’origine africaine de l’agence de mode parisienne Glamour. C’est à la suite d’un défilé de mode organisé par Thierry Mugler en 1980, que Kadidiatou Niane dit Katoucha devient dans les années quatre-vingt, une des premières top models noires, égérie d’Yves Saint Laurent, Paco Rabane, Christian Lacroix, et du tunisien Azzedine Alaïa parmi d’autres couturiers. Mais, Katoucha n’est pas qu’une mannequin venue d’Afrique en Occident. Katoucha Niane évoque aussi une fillette africaine appelée Kadidiatou, excisée à l’âge de neuf ans en Guinée. Mannequin noire reconnue, mais aussi femme noire africaine excisée, elle est parvenue à « transformer son silence en une parole, un verbe, un discours accompagnés d’une action » (« The Transformation of Silence Into Language and Action. » Audre Lorde. 2007. Sister Outsider. Berkley, Toronto : Crossing Press. Page 40-44) contre la mutilation génitale des femmes noires en Afrique et en Occident .

Liens d'article sur la mutilation génitale : http://diasporasnoires.tmp31.haisoft.net/spip.php?article62

dimanche 20 juillet 2008

Michelle Obama : Michelle Obama est Michelle LaVaughn Robinson




Michelle Obama (née LaVaughn Robinson) est une Afro-Américaine née le 17 Janvier 1964 dans le Sud de Chicago. Elle est issu d’un milieu afro-américain défavorisé (qualifié parfois de modeste), d’où elle mènera un parcours exemplaire d’étude et de formation professionnel, qui la feront gravir les échelons sociaux de la vie aux Etats-Unis. Avocate de formation, elle est connu aux Etats-Unis pour être capable de parler pendant des heures sans notes. C’est à la faculté de droit de Harvard qu’elle mène sa formation universitaire, avant de d’occuper un poste au sein du cabinet d’avocat de Sidley Austin. Elle fera aussi partie de l’équipe du maire de Chicago, Richard Michael Daley, dont elle saura s’entourer. En effet, du côté de la communauté noire américaine, on peut citer Oprah Winfrey, la présentatrice télé, qui a apporté son soutient à Barak Obama lors des primaires américaines. Elle a également fait ses études à Princeton, et réalisé une thèse sociologique en 1985 intitulée « Princeton-Educated Blacks and Black Community ». Elle a rendu cette thèse rédigée en anglais accessible au public en 2008 sur le site Politico. [1] .

L’introduction de sa thèse permet de saisir un des volets de sa personnalité de combattante, qui arrive à parler aux Américains de situations qu’ils vivent ou rencontrent : « J’ai découvert qu’à Princeton, quelque soit l’orientation progressiste ou l’ouverture d’esprit que certains de mes professeurs et collègues de classe blancs essayaient d’entretenir à mon égard, je me sentais parfois, telle une visiteuse sur le campus, comme si je n’en faisais pas vraiment parti. En dehors des circonstances à travers lesquelles j’interagissais avec des blancs à Princeton, il m’a toujours semblé, que pour eux, je serai toujours Noire d’abord et étudiante ensuite. »
Lire l'article Michelle Obama, est Michelle LaVaughn Robinson sur http://diasporasnoires.tmp31.haisoft.net/spip.php?article61

dimanche 18 mai 2008

Auteurs surplombant

Le terme Noir, dans le domaine postcolonial français semble à vrai dire, repris par analogie au terme « Black » états-uniens. Mais, il ne revêt pas la même forme, du fait de l’histoire particulière de la France, et des contextes politiques et historiques dissemblables. En vérité, les différentes luttes des années soixante pour recouvrer les droits civiques noirs aux Etats-Unis, distinctes de celles menées en France, structurent différemment le domaine postcolonial français. Car, la reprise du terme « Black » par les Africains Américains, est consolidée par leurs luttes sociales des années soixante et la création de départements universitaires. Départements qui sont nommés Black Studies, avant de devenir parfois « African American Studies » à cause des controverses sur le politiquement correct. Les départements Black Studies permettent ainsi aux Africains Américains après les années soixante, non seulement de recouvrer la légitimité d’étudier les conditions de vie des personnes dites de « descendance Africaine », mais surtout de se réclamer « Black », en même temps qu’ils donnent un nouveau contour au terme, en rapport avec leur filiation africaine. Il ne s’agissait plus alors, de critiquer seulement les savoirs et sources occidentaux, mais de poser aussi son propre discours scientifique, et reconquérir l’autorité sur sa propre identité. Ces données subvertissent le sens du mot Black, utilisé jusque-là par les érudits blancs aux Etats-Unis. Puisqu’au niveau « citation », le terme Black est repris, certes à l’instant « T » où se fait sentir la violence du terme, du fait de sa spécificité racialisante et infériorisante, mais aussi, de façon omniprésente le terme investit un sens « choisi » par les Africains Américains eux-mêmes. Ce sens choisi, dont le contour à été redéfini par des Africains Américains qui se sont posés légitimement dans le cercle érudit de l’étude des identités noires, repris par un Africain Américain quelconque non érudit, permet à tout Africain-Américain d’interpeller (en même temps que le terme est repris) sur le sens insultant que le terme « Black » peut englober à l’emploi par un Blanc quel qu’il soit, du fait de lectures situées favorisées par l’esclavage.
Un Noir ne se perçoit pas seulement comme « Africain » ou « Noir », il peut aussi se percevoir ethniquement. Cette perception ethnique peut être d’autant plus forte, s’il a conservé ses liens et est resté en phase avec son ethnie locale dans un pays d’Afrique. (L’instruction de l’historienne Jeanne-Marie Kambou dans « Mémoire entre deux rives », un film de René Vautier et Edouard Sié Kambiré, sur le maintient des coutumes Lobis est intéressant à ce titre). Il montre que de nos jours, un « Africain » ne se perçoit pas seulement comme un « Africain », mais qu’il peut aussi se percevoir de manière ethnique. Les moyens de transports et de communication permettent en vérité d’effectuer des retours fréquents, voire périodiques, à ceux qui le peuvent et désirent maintenir des liens avec leur communauté ethnique en Afrique. Ceci pour dire, que la perception ethnique ne disparaît pas forcément, parce qu’une distance s’est installée entre un individu et sa communauté ethnique. C’est à cause de la perception ethnique, que le terme globalisant de Noir est un terme à évaluer dans tout ce qu’il peut comporter d’avantageux. Le terme Noir n’est pas un terme banal qui sert seulement à stigmatiser ou inférioriser et englober. Il peut aussi servir à lutter et à libérer des idées reçues autour du concept Noir, la personne qui est perçue publiquement comme Noir. Le concept peut effectivement être utile à contenir les préjugés que le terme Noir comporte. En effet, utiliser le terme Noir dans un discours scientifique par un érudit blanc majoritaire en France, est une démarche délicate et obtuse, quand peu de minorités noires ont la possibilité effective de s’en entretenir. La démarche est souvent figeante, lorsque les personnes perçues publiquement comme noirs, n’ont pas recouvré une légitimité pédagogique et institutionnelle à étudier et discourir sur une certaine Identité dite « noire » 1. Le terme Identité est en majuscule pour signifier qu’elle peut être multiple et ne se cantonne pas à un seul élément ou une seule donnée, en dehors du fait que « l’identité est contextuelle et fluctuante. Elle n’est pas figée, mais en plus elle peut être multiple. Car en France, les études sur l’identité noire ne sont pas encore menées par les Noirs, de manière significativement équivalente institutionnellement à celle d’érudits occidentaux blancs légitimités.
NB : Le terme Identité est en majuscule pour signifier qu’elle peut être multiple et ne se cantonne pas à un seul élément ou une seule donnée, en dehors du fait que « l’identité est contextuelle et fluctuante. (Warnier Jean-Pierre. 2004. La mondialisation de la culture. Paris : La Découverte. Page9

mercredi 23 avril 2008

Mort d'Aimé Césaire : Jeudi 17 Avril 2008


C'est à la mort des grands auteurs Noirs que l'on trouve la parole pour décrire combien leur lutte était courageuse et nécessaire. De son vivant, il a dû réaliser que de nos jours "le rôle positif de la colonisation" est encore imaginable dans le "conscient" Français comme source de connaissance à inlcure dans les programmes d'éducation. Il est des moments où l'hypocrisie n'a pas sa place. A mon avis, Aimé Césaire devrait rester à la Martinique, où il a vécu ses derniers jours. Plutôt que par une mascarade, qui ne flatte personne, son corps ne soit ramené au Panthéon. Car la meilleure façon pour la France de l'honorer, c'est de prendre en compte les valeurs qu'il a toujours défendu, bien comprendre le "Discours su le colonialisme" qu'il a gentillement offert au président de la république Sarkozy. En effet, les discours sur le test ADN pour les candidats au regroupement familial, les récents objectifs de "l'immigration choisie" ainsi que le discours de Dakar sont des insultes aux luttes menées par les auteurs de la Négritude, quel qu'ils soient. C'est pourquoi, face à une hypocrisie affichée de personnalités Françaises, j'interpelle plutôt à observer de près ce que chacun d'eux feront après les cérémonies télévisées, quand les caméras seront parties. Car la question n'est pas de savoir s'ils sont de gauche ou pas, mais plutôt de savoir ce qu'ils font de son combat en faveur de l'homme Noir, eux qui semble connaître sa lutte et son combat. Lorsque l'on apprend un décès, le plus important n'est pas de s'empresser à écrire des textes et tenir des discours qui vont passer dans les médias : il y'a un temps pour le deuil et un temps pour profiter du mort.
Il est évident qu'il n'y a que les Noirs qui peuvent lui rendre l'hommage qu'il mérite, au vu des discours sur l'"immigraiton", bref sur les "Noirs" en métropole en général. Soixante dix ans après Cahier d'un retour au pays natal et cinquante huit ans après le Diccours sur le Colonialisme, si la majorité de la classe politique et la totalité de ces personalités qui se sont déplacées à ses obsèques avaient réellement compris et reconnu la valeur de sa lutte comme on tend a vouloir le faire croire, certaines questions identitaires ne se poseraient plus de nos jours en France. Félicitations au Ministère de l'Identité Nationale" ! Longues Vie à toi, Césaire car les Grands Hommes ne meurent jamais !


Je conseille l'article Des Black Studies aux White Studies sur : http://diasporasnoires.tmp31.haisoft.net/spip.php?article58

samedi 12 avril 2008

Afrique 50

En 1950, René Vautier réalise son premier film, Afrique 50, qui à la base, était une simple commande de la Ligue de l'enseignement destinée à mettre en valeur la mission éducative de la France dans ses colonies. Sur place, il décide de témoigner d'une réalité autre que celle prévu au départ et le film sera interdit pendant plus de quarante ans... Ce sera le premier film anticolonialiste français, chef-d’œuvre du cinéma engagé, qui lui vaudra 13 inculpations et une condamnation de prison...

Afrique 50
Vidéo disponible sur youtube

jeudi 10 avril 2008

VAGINAL DAVIS

VAGINAL DAVIS est une drag queen, artiste performeuse qui en hommage à la féministe Afro-Américaine Angela Davis a substitué le prénon Angela en Vaginal pour sexualiser et performer son nom. En effet, Vaginal Davis réalise d'excellents "performative talk" où elle performe la parole accompagnée de séquences filmiques tel que dans sa conférence intitulée "F-ck Like The F-cking Blacks : Performative Talk" réalisé au Palais de Tokyo ce mercredi 09 Avril 2008. Elle est également sollicitées comme dj pour des spectacles musicaux et performatifs. A Los Angeles par exemple, le Bricktop entre 2002-2005 était le plus prisé. Mais elle est aussi une écrivaine qui a participé à la publication d'articles et de revues parmis lesquelles Fertile La Toyah Jackson Magazine and Shrimp et Glue. C'est une artiste pleine de talent qui compte à son actif un bon nombre de films à voir, parmis lesquels :
- Ceux dirigés par Vaginal Davis même:
Designy Living en 1994
Three Faces Of Women en 1994 également
The White To Be Angry en 1999.
- Deux films dirigés par Bruce LaBruce :
Super 8 1/2 en 1994
Hustler White en 1998 en codirection avec Rick Castro.
- Une série télévisuelle :
Tales of The City en 1993.
- Et quatre autres films :
Lived Nude Girl en 1995 dirigé par Julianna Lavin
Can I Be Your Bratwurst, Please en 1999 dirigé par Rosa von Praunheim
Beyond Lovely en 2005 dirigé par Hilary Goldberg
The Lollipop Generation en 2008 dirigé par G. B. Jones.
Mais il est mieux enocre de se déplacer à ses conférences et d'assister à ses spectacles car une performance ne vaut que d'être vécue et non racontée.

Lire l'article Vaginal Davis au Palais de Tokyo sur That's All Black Quare à http://blackqueer.blogspot.com/